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Concernant l’appel à candidature du mois de juin 2014.

Bonjour à tous, comme je reçois beaucoup de candidatures et de questions concernant cet appel, je vais expliquer plus précisément de quoi il s’agit:

Ganesh

Le projet des classes d’art né d’une rencontre impromptue en Inde avec une école rurale. D’une promesse faite aux enfants de cette école s’est développé un projet extra-muros ancré à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège pendant 3 ans.

Au début je proposais de partir en Inde pour donner des classes d’art gratuites à des enfants ruraux, orphelins et enfants des rues (qui ont fort peu de chance d’avoir ce genre de workshops) pendant 2 semaines. Le projet s’enrichira par la suite lorsque j’y ajouterai une recherche où il s’agira,  sous la thématique de l’errance, de partir à la recherche de l’identité de ce pays fabuleux, d’exécuter une recherche créative explorant ses propres facultés plastiques. Le but étant de ramener du matériel exploitable dans le cursus ordinaire (films, photos, croquis, enregistrements sonores, etc, …) pendant 2 autres semaines. C’était le deal validé par les autorités pour pouvoir partir sous la thématique de “L’errance”…

Le projet s’est donc augmenté d’une recherche plastique. Sensible à cette invitation à prendre un bain de multiple – pour reprendre un terme de Baudelaire -, 6 étudiants avaient instantanément décidé d’y participer quoiqu’il arrive et avaient déjà acheté leur billet d’avion avant que le projet ne soit validé. Ils ne manquaient que 2 semaines de cours: l’une avant les vacances d’hiver, l’autre après. Cette période devint la période choisie afin d’éviter toute incidence négative sur leurs cours (puisqu’il ne se passe souvent pas grand chose à cette période).

Un signe qui n’a pas échappé à l’excellent directeur de l’établissement: ils ont agi en adultes, et c’est assez rare dans les académies où on les infantilise souvent, comme dans beaucoup d’autres écoles supérieures qui privilégient la structure hiérarchique d’enseignement au détriment de la création de savoir au sein des étudiants, et le partage de ce savoir entre ceux-ci – ce qui est – à mon sens – la condition de l’émergence d’une nouvelle vague de création artistique.

De là s’est déployé une énergie qui nous a tous surpris.
D’abords parce-que cette aventure allait comme électrifier les sens des étudiants partants, mais aussi d’une bonne partie des non-partants (je n’avais proposé le workshop que dans un seul atelier au début et ils ne cessaient d’organiser TD et expo autour de leur départ). Mais aussi parce-que, sur place, la réponse des enfants aux propositions nous a tous stupéfié – eux qui n’apprennent souvent de l’art que l’artisanat répétitif, s’appropriaient les techniques et gestes créatifs que nous leur proposions dans l’exploration des artistes occidentaux en les enrichissants immédiatement de leur exubérance. Entre eux, instinctivement, ils travaillent en groupe, partagent.

Nous avions impulsivement, ou plutôt nécessairement, conçu une méthode d’enseignement de la création artistique intuitive, franchissant les barrages de la langue (Hindi) et du temps imparti (15 jours). Cette approche est très efficace pour l’épanouissement des enfants.
Mais aussi, après cette brève et intense rencontre de l’avenir de l’Inde que sont ces enfants, notre voyage en Inde fut comme la découverte d’une familière étrangeté – une errance en prise directe avec ce pays crépitant de saynètes exubérantes qui stimula une recherche artistique féconde chez les étudiants de l’Académie.

Bref, au retour, le directeur et moi-même, avons décidé de poursuivre ce projet les 2 années suivantes et d’ouvrir le projet à tous les ateliers.
La deuxième année on était 22 partants et, fort de la première expérience, nous avons tenté d’accentuer les interactions entre chacun avec un certain succès. Même si pour moi, c’est une équipe trop nombreuse à gérer seul, nous avons apportés aux enfants de merveilleuses classes.

Les étudiants ont gagnés en confiance en eux, en indépendance et en créativité. Cette expérience les rendus plus affirmatifs au lieu d’être passifs avec au surplus le produit de leur “Errance”: un travail créatif plus intense et très sincère reflétant leur expérience vécue.
Nous avons ramené certaines créations d’enfants et les avons exposées, avec les créations de certains étudiants, dans 5 expositions intégrées au programme d’Europalia India. On voyait bien la portée concrète de l’expérience.
Après la troisième édition, alors que des collèges d’art, six en Inde, et un en Italie ainsi que Wallonie Bruxelles International commençaient déjà à envisager une collaboration avec nous, Académie inclue.
Après trois ans, le projet nécessite une mutation qui est déjà à l’oeuvre.

Le projet de classes d’art gratuites pour enfants défavorisés en Inde poursuit sa route, mais un projet connexe “Art Classes +” voit peu à peu le jour pour le compléter. Ce sont les classes rémunérées données par le staff de “Art Classes Project” qui, fort de son expérience et de son approche avec les enfants Indiens, peut offrir un modèle d’épanouissement artistique pour enfants unique dans le paysage actuel.

La suite explique l’appel à candidature puisque les écoles de l’enseignement fondamental  qui ont visité ces expositions avec leurs élèves ont réagi à l’enthousiasme manifesté par leurs classes toutes entières en nous demandant de proposer des workshops similaires et rémunérés chez eux.

Les premiers ateliers pilotes viennent d’être donnés avec un grand succès à l’école 7 et à l’IDSB par des étudiants et diplômés en art. Et d’autres pourraient bien suivre.

Voilà la raison de mon double appel à projets si je puis dire:

– Il demande des projets bénévoles pour les prochaines éditions en Inde (un investissement d’un millier d’Euros pour 1 mois, avion et tout compris, qui est en fait qualifiant car c’est là qu’on développe le mieux son talent créatif pour enseigner).

– L’appel s’adresse aussi aux diplômés en art et artistes qui peuvent donner ces ateliers en Belgique sans ce préalable en Inde pour les suites des classes d’art données prochainement dans les écoles de l’enseignement fondamental ici. Il n’y a encore aucune confirmation ferme, mais déjà de bons signes.

– La priorité va à ceux qui sont allés développer leur méthode dans le cadre des classes gratuites en Inde. Les autres viennent en renfort, éventuellement, de ceux-ci.

– L’asbl Art Classes Project n’est pas encore reconnue pour pouvoir obtenir des dispenses pour les chômeurs, et cela viendra sans doute.

Il y a donc pour résumer:

– Un appel à projet pour les classes bénévoles en Inde.

– Et un appel à projet pour les ateliers rémunérés que nous souhaitons donner aux enfants en Belgique et peut-être à l’étranger.

– Nous n’avons pas à ce jour de reconnaissance suffisante pour pouvoir obtenir des dispenses pour les chômeurs bénévoles.

– Nous ne pouvons pas encore promettre d’engagement à quart, tier, mi, ou plein temps. Les prestations seront donc rémunérés sur base R.P.I. jusqu’à ce que l’asbl ait la possibilité de faire plus.

– On aura compris à ce moment que les projet se construisent sur un mode intuitif, et que nous travaillons en équipe. Donc, il est utile de se rencontrer.

J’espère avoir apporté assez de lumière sur cet appel.

à bientôt,